Ô toi mon enfant !
Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu adopter. Cela fait maintenant treize ans. Treize ans que j’ai eu mon premier agrément. Oh ! Je me souviens combien j’étais pleine d’enthousiasme, d’énergie, d’espoir. Je baignais dans ce doux désir d’être maman, de te voir, toi, mon enfant du monde. Toutes mes secondes de vie étaient tournées vers toi. Je t’imaginais tantôt au pied d’une rizière en plein cœur de l’Asie, tantôt à jouer dans le sable d’un petit désert d’Afrique et parfois… allongé.e dans des herbes hautes et chaudes d’Amérique du Sud.
« Des clichés idéalisés », me diras-tu ? « Bien sûr ! », t’aurai-je répondu. Ces clichés, c’était les miens et je les assumais pleinement. Car bien évidemment je n’avais qu’une seule certitude, celle de devenir maman, ta maman. D’être celle qui correspondrait à tes besoins, oh oui, toi, toi mon enfant.